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DIALOGUES
08.02.2013
Qu'est-ce qui peut motiver certaines personnes à renoncer à un poste important et bien rémunéré pour tenter leur chance au Brésil ?
Entretien avec Lionel Carrion, ingénieur de systèmes d'information.

Depuis quelques années, le Brésil semble attirer non seulement des entreprises cherchant à élargir leurs marchés mais aussi des individus qui souhaitent s'y installer. Loin d'un acte désespéré de quelqu'un qui ne trouve pas d'emploi en France, le départ vers une nouvelle vie au Brésil est un choix réfléchi. Des cadres, des entrepreneurs, des familles entières franchissent ainsi le pas, malgré les nombreux obstacles administratifs qu'ils doivent surmonter. Pourquoi ont-ils pris cette décision ? Qu'est-ce qui les motive ? Lionel Carrion, ingénieur des systèmes d'information au Crédit Agricole, a bien voulu dévoiler ses projets et ses motivations.

M. Carrion, est-ce vous qui avez choisi le Brésil ou est-ce le Brésil qui vous a choisi ?
C'est moi qui ai choisi le Brésil. Il y a environ 6 ans je suis allé à Rio de Janeiro en vacances. Avant je ne connaissais du Brésil que les vieux clichés : les belles plages, le Carnaval, mais aussi les favelas et la violence. Le décalage entre ces images stéréotypées et ce que j'ai trouvé sur place a piqué ma curiosité. J'avais l'impression d'avoir « raté un épisode ». Ce que j'y ai trouvé ne ressemblait Hublot Replica Watches pas du tout à un pays en voie de développement.

Et pourtant le Brésil est toujours un pays en voie de développement...
Oui, mais c'est aussi un pays très avancé dans certains domaines comme la mode, la gastronomie, les services. J'ai découvert, en discutant avec des Brésiliens qui comme moi travaillent dans le secteur de la banque, que le pays dispose de technologies de très haut niveau.
Cela a éveillé mon intérêt et je suis retourné au Brésil quelques mois plus tard, cette fois dans une ville moins touristique : São Paulo. Et là j'ai eu un deuxième choc – ce que j'ai vu ne ressemblait ni aux vieux clichés ni au Brésil que j'avais découvert à Rio...
Je trouve que São Paulo est une ville très dure pour ceux qui ne la connaissent pas. Surtout peut-être pour les Parisiens, habitués aux terrasses de café et au côté provincial d'une grande métropole. Caetano Veloso a d'ailleurs très bien décrit cette sensation dans sa chanson Sampa.

Est-ce que cela vous a découragé ?
Un peu, notamment quand j'ai compris que c'est à São Paulo que je devrais vivre si je décidais d'aller travailler au Brésil...
Mais ce qui m'a vraiment poussé à aller de l'avant avec mon projet, c'est les Brésiliens. Ce sont des personnes chaleureuses, curieuses, spontanées. Contrairement aux Parisiens, les Brésiliens ont envie de faire connaître leur pays et ils sont généreux, toujours prêts à conseiller le nouveau venu. La seule chose que je leur reprocherais, c'est un peu trop d'optimisme – pour eux tout paraît très simple – alors que souvent la réalité est bien différente. J'aime la créativité des Brésiliens et la façon dont ils se lancent pour donner vie à leurs idées : comme on ne sait pas si demain ça ira mieux, ils pensent que ça ne vaut pas la peine d'attendre !

Est-ce que vous parliez portugais quand vous êtes parti au Brésil ?
Quand j'y suis allé la première fois j'avais un très bon niveau d'espagnol, mais je ne parlais pas le portugais. Cela m'a permis de communiquer sur place parce que les Brésiliens font volontiers des efforts pour comprendre les étrangers, mais cet arrangement a vite montré ses limites.
Comme je nourrissais déjà l'idée de partir travailler au Brésil, j'ai consulté des sites spécialisés en emploi, en immigration ou encore dans la création d'entreprise. Tout – absolument tout – était en portugais. C'est là que j'ai compris qu'il était indispensable de parler portugais. En plus, je constate que les Brésiliens sont très sensibles au fait que l'on fasse des efforts pour leur parler en portugais ou qu'une société s'adresse à eux avec de la documentation traduite en portugais. Tout comme les Français, ils sont attachés à leur langue, elle fait partie de leur identité.

Concrètement, comment évolue votre projet ?
Pendant ces dernières années j'ai pu faire mûrir mon idée et, en parallèle, je me suis lancé dans l'apprentissage du portugais. Aujourd'hui j'ai un très bon niveau. J'ai décidé d'intégrer le plan social proposé par le Crédit Agricole, où je travaille actuellement : mon contrat prend fin au mois de mai et ensuite j'ai un mois de préavis à faire. Je pense pouvoir déménager au Brésil cet été.

Avez-vous un projet professionnel en vue ?
Oui, je serai chargé de monter la filiale de MyProcurement, société française qui vend des solutions informatiques aux directions des Achats de diverses entreprises. J'aurai surtout des fonctions de management, mais au début il se peut que je fasse un peu de commercial.
Je suis très content parce que ce travail m'offre en même temps la sécurité d'un emploi au sein d'une société et la liberté que je cherchais. J'avais envie de travailler dans une structure moins rigide, où je puisse exprimer mes idées et prendre des initiatives.

Avez-vous le trac ?
Oui...
D'une part, parce que je sais que les Brésiliens sont très différents des Français. J'ai peur que mes méthodes et mes connaissances ne conviennent pas à la façon brésilienne de travailler. Par conséquent, il faut que je m'entoure rapidement d'une équipe locale.
D'autre part, je sais que les Brésiliens cultivent une certaine fierté patriotique et qu'ils font confiance aux entreprises brésiliennes. Si mon activité ou ma façon de gérer les Roger Dubuis replica watches affaires présentent une connotation trop française, cela peut être mal perçu.
Globalement, je ne suis pas du tout inquiet pour ma vie sociale, mais sur le plan professionnel j'aurai probablement des surprises. Pour quelqu'un qui cherchait de nouveaux défis, c'est parfait !
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